Economie collaborative

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L’économie collaborative peut se définir comme l’ensemble des modèles et pratiques économiques basés sur des structures horizontales et des communautés (source : Ouishare, collectif, Think-Tank et Do-Tank consacré au développement d’une société collaborative).


Historique / contexte

Les principes au cœur de l’économie collaborative ne sont pas nouveaux ; à l’échelle locale les systèmes de trocs ou de partage du savoir ont toujours existé, et le terme même de « collaborative economy » remonte à 1978. La technologie et les usages associés au digital ont cependant permis de donner une toute nouvelle dimension à ces modèles. De local et très spécifiques en terme d’utilisateurs / consommateurs, nous avons assistés ces dernières années à un changement d’échelle, une généralisation de ces pratiques et à la création de nouveaux modèles rendus possibles par le numérique. Au delà des facteurs technologiques, la crise économique (recherche de bons plans) et le développement d’une conscience environnementale (usage primant sur la possession) sont des facteurs qui expliquent l’engouement récent pour ces modèles.


Domaines de l’économie collaborative

5 grands domaines sont identifiés au sein de l’économie collaborative :

1.La consommation collaborative.

Pour reprendre la définition donné par OuiShare et la Fing dans l’étude « Sharevolution », « La consommation collaborative est un modèle économique favorisant l’usage sur la possession et permettant d’optimiser les ressources via le partage, le troc, la revente, la location, le prêt ou le don de biens et services. ». C’est de cela principalement dont on parle quand on fait référence à l’économie du partage. Tous les domaines de la consommation peuvent être concernés, les transports (avec le covoiturage ou la location entre particuliers de véhicules), le travail (avec le coworking), l’habitat , l’alimentation…

Exemples emblématiques :

Exemples normands :

  • Une plateforme de covoiturage pour la Seine-Maritime, covoiturage76
  • Des espaces de coworking, qui permettent de partager des espaces de travail
  • Des plateformes comme Wepetsitty, née à Rouen, une communauté de garde d’animaux entre particuliers
  • Des projets d’habitat participatif où les habitants partagent davantage avec leurs voisins, et bénéficient souvent d’espaces partagés comme des salles communes, des chambres d’amis, des jardins.

2.Le savoir libre, la connaissance ouverte

Avec Internet, l’échange de données, d’information, puis de morceaux de musiques ou de vidéos entre les individus est devenu une norme. Le savoir libre a aujourd’hui deux manifestations : la co-création du savoir, et sa circulation libre, aussi bien dans la vie réelle qu’en ligne, via notamment les modèles de licences libres.

Exemples emblématiques :

  • Wikipedia, projet “d’encyclopédie collective établie sur Internet, universelle, multilingue et fonctionnant sur le principe du wiki. Wikipédia a pour objectif d’offrir un contenu librement réutilisable, objectif et vérifiable, que chacun peut modifier et améliorer”.
  • FUN (France Université Numérique, plateforme française de MOOCs _ Massive Online Open courses, cours en ligne ouverts à tous_),

Exemples normands :

3.La conception ouverte, la production participative et fabrication distribuée

Elle s’appuie sur le croisement de trois phénomènes : la libre circulation du savoir vue dans le paragraphe précédent, la mise en commun des outils de production et le mouvement dit des “makers” (créateurs-fabricants) et du “Do-It-Yourself” (fais-le-toi-même),.

Exemples emblématiques : Développement des tiers-lieux type FabLab (Laboratoire de Fabrication Numérique) au sein desquels des outils à commandes numériques (imprimantes 3D, découpe Laser etc.) sont mis à disposition de particuliers et entreprises pour pouvoir réaliser leurs propres prototypes ou réaliser leurs réparations.

Exemples normands :

4.La finance collaborative

On constate un renouvellement des modalités de financement et d’échanges via :

  • les plateformes de financement participatif généralistes ou thématiques, comme Ulule, HelloAsso, mais aussi la plateforme de financement participatif de la CCI de Caen Kiosk to Invest, ou encore, dans un cadre non numérique, les clubs de financements tels que les Cigales
  • les prêts et nouveaux modes de paiement entre particuliers, comme m-pesa au Kenya ou Lending Club aux Etats-Unis,
  • les monnaies alternatives locales, comme l’Agnel à Rouen et le Grain au Havre , l’eusko pour le pays basque
  • les crypto-monnaies à la production distribuée, comme le Bitcoin une monnaie virtuelle, ou le Faircoin
  • et enfin des pratiques d’échanges de services qui s’affranchissent de l’argent, comme les banques de temps (par exemple TimeRepublik) ou les Services d’Echanges Locaux (SEL, par exemple le Sel de Seine)

5.La gouvernance ouverte et horizontale

Au sein même des organisations nous assistons au développement de modèles qui s’émancipent du fonctionnement hiérarchique pyramidale classique pour fonctionner davantage en réseau et donner davantage d’autonomie aux membres de l’organisation. Cette question de gouvernance touche également les territoires et le secteur public, avec des initiatives qui illustrent une volonté de faire évoluer notre fonctionnement démocratique à l’image de l’évolution du reste de la société.

Exemples emblématiques : Les coopératives, les organisations horizontales, les do-ocracies et les mouvements holacratiques; les plates-formes d’actions civiques, les budgets participatifs des institutions publiques, les initiatives gouvernementales ouvertes... Exemples normands : présence de nombreuses SCOP et SCIC sur le territoire


Modèles économiques et caractéristiques clés

Au sein de l’économie collaborative se côtoient différents modèles économiques et intentions. Les initiatives peuvent être d’origine privé et financées via les circuits classiques des startups, d’autres sont sous formes associatives, coopératives, initiées par des collectivités. Pour se financer, certains s’appuient sur l’économie du don (HelloAsso), d’autres reprennent des modèles plus classiques de commissions, de rémunération via l’assurance ou via des services optionnels et payants. D’autres restent dans la gratuité grâce à des financement extérieurs de fondations (KhanAcademy) ou grâce au travail bénévole / volontaire de la communauté qui les soutient.

Ce qui relient cette diversité :

  • Un principe de mutualisation et valorisation de ressources existantes et sous-exploitées
  • Un développement du pouvoir d’agir au niveau individuel
  • Des structures facilitant les échanges pairs à pairs et une organisation horizontale.


Economie collaborative et transition

Les modèles de l’économie collaborative peuvent représenter des solutions à explorer pour

> réduire notre impact environnemental Il serait faux de dire que tout ce qui est collaboratif est vertueux pour l’environnement. Cependant le développement de solutions permettant de privilégier l’usage à la possession, de mutualiser les ressources, de limiter les intermédiaire, va dans ce sens.

> proposer un autre modèle de société Les modèles de l’économie collaborative sont encore pleine évolution. Ils permettent cependant d’ores et déjà à des individus de passer d’un rôle de consommateur uniquement à un rôle également de producteur, créateur, financeur etc. Les initiatives telles que les plateformes d’échange entre voisin, l’habitat participatif etc. recréent du lien social. Le développement de nouveaux modèles de gouvernance apportent aussi des pistes à explorer pour partager le pouvoir et la valeur de manières plus équitables.

Bien entendu, tout ce qui relève de l’économie collaborative n’est pas intrinsèquement vertueux, et nombreuses initiatives s’appuient sur ces modèles pour créer collaborativement de la valeur… qui reste distribuée de manière très traditionnelle ensuite.

La Normandie, région collaborative ?

Comme le reste du pays, le territoire normand n’est pas exempts d’initiatives locales dans toutes les catégories de l’économie collaborative, mais n’est pas identifié comme étant particulièrement en avance sur le sujet. La communauté OuiShare Rouen effectue une veille collaborative sur le sujet, pour les identifier et leur donner un peu plus de visibilité. Il n’existe à date a priori pas d’initiative territoriale pour accompagner ce mouvement.


Ressources bibliographiques